Marmottes en Savoie : meilleurs spots pour les observer
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Nous étions assis dans l’herbe rase du col de la Vanoise, un matin de juillet, quand un sifflement aigu a percé le silence. À trente mètres, une marmotte dressée sur son rocher prévenait ses congénères de notre présence. C’est une scène que nous vivons chaque été en Savoie, mais qui ne perd jamais de sa magie. Observer ces sentinelles des Alpes dans leur milieu naturel est plus simple qu’on ne l’imagine, pour peu que l’on sache où et quand poser son sac. Voici nos terrains de jeu préférés pour répondre à la question de savoir où voir des marmottes en Savoie, avec des informations concrètes issues de nos derniers passages en 2025 et des prévisions pour 2026.
Le Parc national de la Vanoise, le refuge des marmottes
Le Parc national de la Vanoise reste le sanctuaire incontesté pour observer les marmottes en Savoie. Sa densité de colonies est spectaculaire, notamment autour de Pralognan-la-Vanoise. Nous y sommes montés par la piste qui serpente vers les refuges, et l’expérience commence souvent bien avant les glaciers : les prairies alpines grouillent de vie.
Le col de la Vanoise et le refuge Félix Faure
Le secteur du refuge Félix Faure (2 517 m), avec en toile de fond la silhouette massive de la Grande Casse, est notre spot de prédilection. Il n’est pas rare d’y voir des familles entières pointer le museau à quelques mètres du sentier. L’accès se mérite : comptez une bonne randonnée pédestre depuis le parking des Fontanettes. Mais l’altitude, entre 2 100 et 2 500 mètres, coïncide parfaitement avec la zone de confort des marmottes.
Conseils pratiques pour la Vanoise
Privilégiez une arrivée tôt le matin, avant 9 h, ou en fin d’après-midi, lorsque la chaleur retombe. C’est là que les marmottes sont les plus actives. Les mois de mai à septembre offrent une fenêtre d’observation idéale, après l’hibernation et avant les premiers grands froids. L’entrée du parc est libre, mais le stationnement aux Fontanettes est payant en saison, autour de 5 € pour la journée (tarif constaté début 2026).
Valloire et le Galibier, les prairies faciles d’accès
En Maurienne, la commune de Valloire est un autre territoire de choix. Ici, pas besoin d’être un traileur aguerri pour espérer une rencontre. Nous avons un faible pour le secteur de Bonnenuit, accessible en voiture sur une route de montagne, puis en quelques minutes de marche. C’est un avant-goût parfait avant de s’attaquer aux mythiques lacets du col du Galibier.
Les spots incontournables
- Bonnenuit : une vaste cuvette herbeuse où une colonie importante prospère. L’accès est aisé, même avec de jeunes enfants.
- Plan Lachat : les pentes y sont constellées de terriers, visibles en contrebas des remontées mécaniques estivales.
- Commandraut : plus sauvage, ce secteur offre des observations plus discrètes.
Attention, nous avons vu trop de visiteurs céder à la tentation de nourrir les marmottes avec du pain ou des chips. Ces aliments sont mortels pour leur système digestif. Gardez vos distances et n’offrez rien.
La Haute Maurienne, d’Aussois à Bonneval-sur-Arc
La Haute Maurienne cultive un caractère préservé qui profite à la faune sauvage. Entre Aussois, le vallon de l’Orgère, le plateau du Mont-Cenis et la commune de Bessans, les opportunités sont nombreuses. Nous aimons emprunter le sentier qui mène au vallon de l’Orgère : l’ambiance minérale cohabite avec des clairières où l’herbe grasse attire immanquablement les marmottes.
Bessans et Bonneval-sur-Arc
En poussant jusqu’à Bonneval-sur-Arc, l’un des plus beaux villages de Savoie, vous augmentez vos chances entre 1 800 et 2 300 mètres. Nous y avons passé une après-midi entière à l’affût près du sentier des Evettes, et chaque pause offrait son lot d’observations. Combinez la recherche de marmottes avec la visite de ce village classé, dont nous parlons plus en détail dans notre article sur le plus joli village de Savoie.
Méribel-Mottaret et la réserve de Plan de Tuéda
En Tarentaise, la réserve naturelle de Plan de Tuéda, à Méribel-Mottaret, est sans doute l’un des sites les plus accessibles. En seulement 5 minutes de voiture depuis la station, puis une marche facile sur un sentier aménagé, vous entrez dans un vallon boisé et humide où les marmottes cohabitent avec les mélèzes. Le décor est plus intime qu’en haute altitude, ce qui en fait une sortie familiale et rafraîchissante. L’entrée de la réserve est réglementée mais libre d’accès.
Les sorties encadrées pour une expérience immersive
Si vous souhaitez dépasser la simple observation et comprendre intimement la vie de ces rongeurs, plusieurs professionnels proposent des sorties thématiques. Cela peut aussi bien convenir aux randonneurs débutants qu’aux familles avec de jeunes enfants, comme notre sélection d’activités amusantes en Savoie avec des enfants.
« Passion des Arves » à Saint-Sorlin-d’Arves
Au site des Arves, près de Saint-Sorlin-d’Arves, le bureau Passion des Arves encadre une sortie spécifique « Marmottes ». Pour 2026, elle est programmée tous les jours du 15 juin au 13 septembre. Comptez 20 € par adulte et 18 € par enfant. C’est une valeur sûre pour localiser les colonies sans tâtonner.
« À la découverte des marmottes » en mai 2026
Nous avons aussi repéré des sorties programmées les samedis 9 et 16 mai, et le dimanche 24 mai 2026, de 10 h à 14 h. Le contact est le 06 17 66 32 40. Ces dates précoces sont passionnantes car elles coïncident avec le réveil post-hivernal des marmottes, un moment où elles sont particulièrement visibles et actives à basse altitude. Le point de rendez-vous exact est communiqué à l’inscription.
La Grande Sassière à Tignes
L’événement « Vis ma vie de marmotte » dans la réserve naturelle de la Grande Sassière, sur la commune de Tignes, est une autre option immersive. Pour la saison 2026, renseignez-vous au 04 79 07 02 70. Le cadre y est spectaculaire, entre lac et haute montagne.
Les règles d’or pour une observation réussie
Observer des marmottes ne relève pas du hasard, mais du respect de quelques principes simples que nous affûtons au fil de nos sorties en Savoie. Voici nos fondamentaux.
Altitude et habitat
Les marmottes prospèrent dans les pelouses alpines, entre 1 500 et 2 500 mètres d’altitude. Elles ont besoin d’un sol profond pour creuser leurs terriers et d’une vue dégagée pour surveiller les prédateurs. Un versant bien exposé au soleil, parsemé de rochers, est une configuration quasi parfaite.
Quand sortir vos jumelles
La saison s’étend de mai à septembre, quand l’herbe est verte et que les marmottes sont sorties d’hibernation. La plage horaire est capitale : privilégiez le tôt le matin (6 h – 8 h) ou le tard le soir (19 h – 21 h). En pleine chaleur, elles préfèrent la fraîcheur de leur galerie.
Approche et patience
Restez silencieux et évitez les gestes brusques. Un vêtement de couleur neutre aide à ne pas les effrayer. Nul besoin de marcher des heures : en vous éloignant seulement 5 à 10 minutes à pied d’une route ou d’un parking fréquenté, vous augmentez considérablement vos chances. L’astuce est de s’asseoir dans l’herbe et d’attendre. Le sifflement de la sentinelle précède souvent l’apparition des individus les moins farouches.
Où dormir pour être au plus près des marmottes
Pour maximiser vos chances, rien ne vaut une nuit en altitude. Le silence de l’aube et du crépuscule offre des observations privilégiées, juste à la sortie des terriers. La Savoie dispose d’un maillage de refuges et de campings parfaits.
| Lieu | Type d’hébergement | Altitude | Prix indicatif 2026 |
|---|---|---|---|
| Refuge Félix Faure | Refuge gardé | 2 517 m | nuitée ~20 € + repas |
| Refuge de Plan du Lac | Refuge gardé (Vanoise) | 2 370 m | nuitée ~18 € |
| Camping du Plan de Tuéda | Camping (Méribel) | 1 750 m | emplacement ~22 € |
| Auberge de Bonnenuit | Gîte (Valloire) | 1 880 m | chambre double ~75 € |
| Camping municipal de Bessans | Camping (Haute Maurienne) | 1 720 m | emplacement ~12 € |
Ces établissements permettent de démarrer votre randonnée aux meilleures heures sans la contrainte du retour tardif en voiture. Pour plus d’inspiration sur les hébergements de plein air, consultez notre sélection des meilleurs campings en Savoie.
Autres secteurs prometteurs en Savoie
La Savoie regorge de vallées moins médiatisées où la pression touristique est faible, ce qui favorise la quiétude des animaux. Aux Karellis, une randonnée est spécifiquement baptisée « La randonnée des Marmottes », un indice sur la santé de la population locale. Le plateau de Vallonbrun, en Haute Maurienne, est une étendue herbeuse quasi secrète, colonisée par des dizaines de familles.
Si vous élargissez aux Alpes du Nord, les confins de la Haute-Savoie voisine, comme le col de la Colombière ou le vallon des Confins à La Clusaz, sont aussi excellents. Un itinéraire de randonnée bien choisi peut combiner lac de montagne et observation animalière. Notre top des plus beaux lacs de montagne accessibles en donne quelques idées.
Questions fréquentes
Quand peut-on voir le plus de marmottes en Savoie ?
La période s’étend de mai à septembre. En mai et juin, les marmottes sortent d’hibernation et sont très affamées. En juillet et août, les petits nés au printemps font leur éducation hors du terrier, offrant des scènes familiales. Septembre est la période d’engraissement avant l’hiver.
À quelle altitude observer les marmottes ?
Elles vivent principalement dans les pelouses alpines entre 1 500 et 2 500 mètres d’altitude. Certaines colonies montent jusqu’à 3 000 mètres. En dessous de 1 500 mètres, elles sont plus rares, sauf en début de saison quand l’herbe de basse altitude pousse plus vite.
Peut-on approcher et toucher une marmotte ?
Non. Il est impératif de garder vos distances et de ne jamais chercher à les toucher. Ce sont des animaux sauvages protégés dans le Parc national de la Vanoise. Leur donner à manger est dangereux pour leur santé et leur comportement.
Les marmottes de Savoie sont-elles protégées ?
Oui. Dans le Parc national de la Vanoise et les réserves naturelles comme Plan de Tuéda, elles bénéficient d’une protection stricte. Leur observation doit se faire sans dérangement. Les chiens doivent être tenus en laisse pour ne pas menacer les colonies.
Quel équipement pour observer les marmottes ?
De bonnes jumelles (grossissement x8 ou x10) suffisent. Un appareil photo avec un zoom optique puissant est idéal. Portez des chaussures de randonnée, un coupe-vent et une tenue aux couleurs discrètes. Emportez à boire, la patience peut durer une heure ou deux en poste fixe.
Quels sont les spots faciles avec des enfants en bas âge ?
Le secteur de Bonnenuit à Valloire et la réserve de Plan de Tuéda à Méribel-Mottaret sont les plus faciles. Le sentier est praticable avec une poussette tout-terrain sur une partie du chemin, et l’accès est à moins de 10 minutes de marche d’un parking.
Y a-t-il des sorties avec un guide en Savoie pour observer les marmottes ?
Oui. Plusieurs guides et accompagnateurs en montagne proposent des sorties. À Saint-Sorlin-d’Arves, l’activité encadrée « Marmottes » par Passion des Arves est ouverte à tous (20 € par adulte, réservation conseillée). D’autres dates existent en mai 2026, contact au 06 17 66 32 40.
Au fil de nos errances entre Vanoise et Maurienne, nous avons appris qu’une rencontre avec une marmotte ne se commande pas. Elle s’anticipe. Vous pouvez marcher des heures sans rien voir, puis tomber sur une colonie entière derrière un replat. Armez-vous de vos jumelles, choisissez un versant tranquille au-dessus de 1 800 mètres, asseyez-vous face au vide, et attendez que l’alpage s’anime. Si nous ne devions retenir qu’un seul endroit pour sa densité d’observation et la beauté du cadre, ce serait sans doute les prairies autour du col de la Vanoise, au lever du jour.